| Entretien
François
BOUCQ

Ce
mois-ci Charlemag’ vous emmène à
la rencontre d’un de ses anciens élèves.
Celui-ci est devenu un maître de la Bande
Dessinée actuelle.
Son nom :François Boucq.
Pouvez-vous
nous parler de l’époque où
vous étiez élève au collège
Charlemagne?
" A l’époque c’était
des frères qui s’occupaient de nous.
Ils n’étaient pas tendres! Quand
on faisait une bêtise ils nous enfermaient
parfois sous l’estrade. Et lorsqu’on
n’était pas rangé correctement,
on se prenait parfois leur poing dans la figure."
Etiez-vous
bon élève ?
" J’étais un élève
moyen, j’aimais bien le collège Charlemagne,
pour les copains ... pas pour la scolarité
! "
Etiez-vous
doué en dessin ?
" J’aimais bien le dessin mais on ne
peut pas dire que j’étais doué.
Je dessinais tout le temps comme n’importe
quel enfant à cet âge– là."
Comment
êtes-vous devenu dessinateur ?
" En dessinant ! "
Y a-t-il
des personnages ou des auteurs qui vous ont donné
l’ envie d’exercer cette profession
?
" Moi j’aimais bien les Schtroumpfs,
car je trouvais que le dessin avait un aboutissement
que je n’imaginais pas pouvoir acquérir.
Et puis après c’étaient des
dessins plus difficiles comme ceux de Franquin.
A chaque fois, ça correspondait à
une part de connaissances à acquérir
. "
Pourquoi
avoir choisi la BD ?
" Parce que c’est là où
il y a les dessinateurs les plus enthousiasmants.
En fait, là où il y a le plus de
dessins vraiment aboutis, c’est dans la
BD. Donc c’est là où j’avais
naturellement envie d’aller. C’est
là où étaient tous ceux que
j’appréciais. "
Un mot
sur votre style?
" Un mot ?…"
Ou plusieurs
!? On dit de votre style qu’il est sarcastique…
Est-ce que cela veut dire que vous vous moquez
des gens?
" Disons que je me moque plutôt des
situations dans lesquelles nous nous trouvons
parfois et qui sont proches de l’absurde.
"
Que
peut-on dire de l’évolution de la
bande dessinée?
" La bande dessinée ne s’est
jamais aussi bien portée. Ceci est sans
doute dû au fait que nous vivons aujourd’hui
dans une société où l’image
a beaucoup d’importance. De même lorsque
j’étais enfant la BD était
mal considérée, on pensait que c’était
une lecture futile. Aujourd’hui, tout le
monde sait bien que l’on trouve beaucoup
de choses dans la BD et que c’est un vecteur
de plaisir mais aussi de connaissances. "
Comment
travaillez-vous?
"J’ai une méthode très
au point, je travaille dans le bazar le plus complet.
J’ouvre un bouquin à n’importe
quelle page et cela peut être le commencement
d’ un dessin."
Combien
de temps vous faut-il pour préparer un
album?
" Il faut compter environ cinq ou six mois."
Qu’est-ce
que le succès vous a apporté?
" La liberté. Aujourd’hui, je
peux aller voir un éditeur et lui dire:
« j’aimerais faire un album chez vous
» et il me dit tout de suite qu’il
est d’accord. Ensuite, on discute du contenu."
Un mot
sur votre travail pour Lille 2004… était-ce
une commande? Pourquoi avoir choisi de faire une
sculpture?
" C’est un travail de commande en effet.
Au départ j’avais pensé à
une installation gonflable mais ça posait
un tas de difficultés. Alors j’ai
opté pour cette sculpture qui est aussi
une fontaine. "
Que pensez-vous
de cette manifestation?
" Je trouve que c’est très bien,
la région du Nord de la France et la ville
de Lille ont parfois la réputation d’être
tristes et sans grand intérêt. Cette
manifestation prouve le contraire."
Propos
recueillis par A. Tourte et S. Crocquey.
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